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Les Firmes Transnationales, la définition de la mondialisation sans frontière

PREMIERE PARTIE

Publié le lundi 4 avril 2005 par Oasis KODILA TEDIKA.

Appelées les managers qui contrôlent les gouvernements, le pouvoir caché ; ces entreprises ne sont pas « multinationales », du fait que elles ont une seule nationalité, celle du pays d’origine. Ces Firmes transnationales (FTN) sont des entreprises qui ont internationalisé leur production. Sortant des frontières nationales, elles ont étendu à la planète leur espace de production.

Elles sont près de 40.000 dans le monde et sont originaires presque exclusivement de la « Triade » (92 sur les 100 premières). Les firmes étasuniennes viennent en tête : sur les 100 premières, 1/3 sont étasuniennes. Les FTN contrôlent souvent le commerce d’un produit : 90 % du commerce du blé assurés par un « triumvirat » Nord-américain. C’est aussi le cas du pétrole (« les 8 sœurs »). On estime que le chiffre d’affaires cumule de quelque 200 entreprises multinationales équivaut au quart du produit national brut (PNB) mondial. Et pourtant, ces 200 entreprises n’emploient que 0,75% de la main-d’œuvre dans le monde. Pour donner une idée de la puissance de certains de ces groupes, sachez que leurs chiffres d’affaires annuels dépassent parfois de loin le PNB de nombreux pays en voie de développement et même de certains pays développés. Par exemple, en 1994, le chiffre d’affaires de General Motors, le plus grand fabricant d’automobiles dans le monde, dépassait le PNB de la Turquie ou du Danemark. Toujours en 1994, le PNUD révèle que le chiffre d’affaires cumule des cinq (5) plus grands groupes multinationaux était supérieur au PNB combiné de l’Afrique au Sud du Sahara et de l’Asie de l’Est !(1).

Les FTN prétendent unifier le monde à travers leurs organisations, leurs avoirs, leur technologie et leur efficacité dans la production de biens de consommation, apporter paix et prospérité parmi les nations et elles militent pour un monde sans frontière, où toutes les transactions seront internationalisées. Et leur mission est de sauver le monde des conflits, de la pauvreté et de l’égoïsme et les touts par le biais d’un super marché (grâce au commerce mondial) où tous pourront se procurer, en abondance, les biens qu’ils désirent. Donc elles pensent faire de ce monde « un monde meilleur pour tous » en faisant de notre planète « un super marché », et aussi en passant d’une citoyenneté nationale à la citoyenneté mondiale ou cosmopolitaine.

Nous assistons à la réalisation totale de ce qu’a prédit le professeur H.Perlmuher : « D’ici 1991, le monde sera dominé par environ 300 multinationales géocentriques qui régulariseront à l’échelon mondial le marché des produits de consommation et d’ici la fin du siècle, ces trois cents devraient contrôler tout ce qui relève de la recherche (prospection), de l’exploitation et de la répartition dans le monde des matières premières et produits-clefs de notre temps. Les multinationales devraient ainsi prendre le relais de grandes nations, et il n’y aurait progressivement plus d’Etats-Nations, mais de « grands ensembles supra-nationalaux » ».

En évoquant les principes de la liberté d’investissement et le droit d’accès, elles obtiennent le pouvoir d’agir de façon transnationale, de prendre des décisions touchant les populations les plus pauvres de la planète, les assujettissent aux intérêts géopolitiques, et gouvernent indirectement à travers la Banque mondiale, le FMI et l’OMC. La spéculation financière est en partie liée à l’activité des multinationales dont l’influence grandissante constitue l’autre fait marquant de la mondialisation. En effet, un nombre de plus en plus réduit de groupes industriels et financiers contrôlent l’essentiel de la production et de la circulation de biens et services dans le monde. Parfois, moins d’une dizaine d’entreprises multinationales contrôlent près de la moitié du marche mondial (2). Du fait de la déréglementation généralisée, les Etats ont de moins en moins de prise sur les FTN.

L’impact des activités des transnationales sur les pays du Sud est d’autant plus fort que les pays sont pauvres et donc faibles, qu’ils sont à la merci de la « rente » qui leur est servie en échange de leurs richesses minières ou agricoles. Des noms comme General Motors, Daewo, Toyota, Shell, Exxon, CNN, etc. évoquent autant de groupes multinationaux qui pratiquement imposent leurs lois à des dizaines de pays aux quatre coins de la planète (3). Par ailleurs, la finalité des FTN étant la rentabilité, leur « code de conduite » ne s’est guère soucié du développement durable car elles échappent à la juridiction des pays d’accueil.

Ces grandes entreprises transnationales encouragent : la liberté absolue d’investissement, la liberté absolue des flux de capitaux et la liberté absolue de tous les biens et services. Et tout cela a pour finalité : placer toutes les activités humaines dans le marché et d’en faire des objets de commerce.

Comment les FTN opèrent elles ?

Selon Oswald Hirmer, dans son livre Marx, money and Christ, les FTN exercent une sorte de pouvoir despotique sur les nations. Elles utilisent leur influence aussi bien pour construire que détruire des nations.

- Elles peuvent produire abondamment dans un pays pauvre et le développer économiquement, tout en laissant sa population dans la pauvreté.

- Elles peuvent construire des usines et introduire des machines perfectionnées dans un pays et, pourtant, augmenter le chômage parce qu’elles n’apprennent pas aux gens comment se servir des techniques simples et appropriées.

- Elles peuvent faire des profits importants dans un pays pauvre et investir cet argent dans le même pays, mais elles peuvent tout aussi bien décider de l’investir dans un pays riche, au détriment du premier.

- Elles peuvent utiliser une main d’œuvre bon marché dans les pays pauvres et vendre leurs produits à très haut prix dans un autre pays, exploitant ainsi le travail des pauvres.

- Elles peuvent combattre les syndicats bien organisés.

- Elles peuvent échapper aux impôts dans un pays déterminé.

- Elles peuvent imposer des prix.

- Grâce à la publicité, les FTN créent des besoins artificiels et inutiles.

- Elles peuvent appauvrir davantage des pays déjà pauvres en leur vendant des stocks de produits périmés à des prix exorbitants ou en exploitant leurs matières premières, ne laissant pratiquement que des « trous vides » dans le sol (Machel) ; elle peuvent produire de nourriture dans un pays pauvre et l’exporter pour la vendre plus chère ailleurs, sans penser d’abord aux besoins de la nations productrice.

- Elles peuvent acquérir un tel pouvoir politique et une telle influence, qu’elles sont même capables de créer ou de faire tomber un gouvernement.

Les FTN sont les acteurs majeurs de la mondialisation actuelle qui mettent l’accent sur « l’économique ». Elles évoluent dans le sens d’une concentration toujours croissante. Des vagues de fusions d’absorption des plus petites par les plus grands confortent ainsi l’existence d’une oligarchie économique mondiale.

P.-S.

(1) http://www.ajpads.org/de-la-MONDIALISATION.htm

(2) op.cit

(3) op.cit

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